Les risques psychosociaux : comment les détecter et les prévenir

Femme stressée au travail

Qu’est-ce que vous évoque les risques psychosociaux ? Derrière ce terme se cachent des risques professionnels qui dépassent le stade de simple stress comme on a pourtant tendance à le laisser supposer bien souvent. Voici un petit bilan sur ce que représentent ces risques et les meilleures façons de les prévenir.

Un risque psychosocial, ce n’est pas…

la notion de stress ! En effet, le stress est une des nombreuses affirmations de ce risque, autrement il peut s’agir d’un de ses effets et non du risque en lui-même.

Un risque social, c’est…

tout risque qui se présente comme mettant en danger la santé aussi bien physique que mentale de l’individu. Les risques psychosociaux (RPS) peuvent avoir plusieurs causes, notamment en fonction des conditions de travail et des facteurs internes à l’entreprise (organisationnels et relationnels), sans compter que des facteurs extérieurs à l’entreprise peuvent accroître ce risque (en cas de problèmes dans la sphère privée). Tous ces facteurs susceptibles d’entraîner un dysfonctionnement physique et/ou mental sont des causes possibles de RPS. Ces RPS ont pour conséquence des manifestations diverses telles que la dépression, le stress, les troubles du sommeil, le mal-être, des agressions physiques ou verbales, des troubles musculo-squelettiques (TMS), et cela va crescendo.

Quels sont les signes avant-coureurs ou comment détecter les RPS ?

Désengagement dans le travail, démotivation, absentéisme croissant, tensions qui virent au conflit entre employés… sont autant de facteurs d’alarme auxquels il faut rester attentif. Bien entendu la liste est non exhaustive. Pour résumer, il existe 2 niveaux pour détecter de possibles risques psychosociaux :

  1. Une dégradation au niveau de la qualité du travail : baisse de l’efficacité, absentéisme accru, accidents matériels répétés, accidents du travail…
  2. Une dégradation au niveau de la santé de la personne : troubles somatiques (problèmes digestifs et métaboliques, accentuation des addictions comme le tabac ou l’alcool, TMS, problèmes neurologiques ou psychiatriques, tendances suicidaires…)

Bien entendu, une perte de motivation n’indique pas forcément un risque psychosocial. La plupart du temps, c’est l’accumulation de plusieurs facteurs observés qui permettent d’en déduire la présence de RPS.

Attention à la notion de stress

Tout stress n’est pas mauvais ! Il faut bien distinguer quel genre de stress peut entraîner à la longue un risque psychosocial. La source de ce celui-ci est très importante pour pouvoir déterminer s’il est positif ou négatif pour la personne. On parle de stress positif à partir du moment où ce stress stimule la personne dans son travail sans en dégrader celui-ci ni la santé de la personne en question. Il s’agit d’un stress sur le court-terme qui, parce qu’il ne dure pas, n’a pas d’effets jugés négatifs. Le stress devient négatif à partir du moment où il s’étale dans le temps, qu’il devient présent à n’importe quel moment et que l’employé n’a pas l’impression de décrocher, de pouvoir souffler : on parle alors de stress chronique.

Comment prévenir les RPS ?

Des solutions très simples peuvent permettre de prévenir les principaux RPS. La première est tout bêtement être à l’écoute de ses employés ! Il est couramment conseillé que l’employeur prévoie de faire des réunions régulières pour faire le point de façon individuelle avec chaque employé et s’assurer de leur état de motivation mais aussi leur état de santé.

Afin d’éviter les troubles psychosociaux, il faut agir au niveau des causes qui peuvent entraîner les risques en question. Il est donc important de surveiller tout ce qui peut être source de mauvaise ambiance au sein du service (tensions, conflits, mal-être, agressions, harcèlements, violence) mais aussi ce qui peut entraîner un burn-out sur le long-terme à cause d’un sentiment d’épuisement à la tâche et de stress prononcé et continu.

Enfin, le meilleur moyen de prévenir les RPS est de trouver un équilibre entre vie privée et travail. Si cela paraît une évidence, en fin de compte la négligence de l’un ou de l’autre finit par entraîner l’appauvrissement de l’enthousiasme éprouvé au départ, même si sincère !

Faire un travail sur soi

Les premières personnes susceptibles de ressentir un épuisement général sont celles qui ont tendance à être plein d’entrain dans leur travail et à placer la barre très haute en termes d’objectifs. La plupart du temps, ces personnes sont exigeantes vis-à-vis d’elles-mêmes et le sont également vis-à-vis des autres. La première chose à faire est de savoir prendre du repos et diminuer les sources de stress autour de soi. Voici quelques attitudes qui sont à travailler pour éviter le burn-out :

  • Ne pas avoir que le travail dans la vie : même si votre travail est important vous devez savoir faire la part des choses et profiter de vos proches, vous aérer l’esprit et vous distraire par le biais de loisirs.
  • Ne pas vous isoler : vous ne devez pas garder le silence lorsque vous avez un problème mais chercher l’appui et les conseils des autres pour trouver des solutions à votre problème.
  • Travaillez votre quotient émotionnel : apprenez à trouver un équilibre émotionnel, sans tomber dans les 2 extrêmes (ne pas montrer ses émotions ou faire éclater sa colère à la moindre occasion).
  • Ne vous sous-estimez pas ! Considérer que les autres sont meilleurs est le signe que vous manquez de confiance en vous, or cela entraîne un sentiment démoralisant qui vous fera perdre en efficacité et vous empêchera un épanouissement professionnel.
  • Ne vous surestimez pas ! A l’inverse, vous ne devez pas non plus vous croire si fort que vous en devenez indispensable car cela aura une incidence sur le travail de toute l’équipe à partir du moment où vous sous-estimez vos collègues. Vous ne réussirez pas à avoir confiance en eux et vous n’arriverez jamais à déléguer quoi que ce soit. Rappelez-vous que la performance d’une équipe ne réside pas dans la performance d’une seule personne !
  • Ne laissez pas la fatigue s’accumuler : si jamais vous ressentez une fatigue constante que le repos ne suffit plus à corriger, vous devez absolument arrêter les frais, autrement les troubles physiques s’accompagneront de troubles mentaux.
  • Régulez-vous dans votre travail : vous subissez très certainement des pressions de vos N+1 pour avoir des résultats plus vite ou de meilleures performances. Autre possibilité : vous pouvez vous-même avoir tendance à vous surinvestir dans votre travail. Dans tous les cas, sachez modérer cette pression extérieure ou même celle qui vient de vous : ne soyez pas trop exigeant !

Plus d’informations ici : fonction-publique.gouv.fr/Plaquette-RPS-2014